Parmi tous les témoignages de respect et d'admiration dont bénéficie Mme tastu, on peut citer ceux qui émanent de deux femmes dont la vie, le caractère et les oeuvres différent totalement de ceux de Mme Tastu. Ils nous prouvent qu'Amable avait également des admiratrices chez ses consoeurs.

Il s’agit d’abord de Marcelline Desbordes Valmore qui lui voue un véritable culte. En 1839, après le succès remporté par Amable pour « L’éloge à Mme de Sévigné », sa consoeur déborde de joie et lui écrit : « Madame et Chère ! Je suis contente et ne peux résister de vous le dire. Tout ce qui vous élève et vous honore me charme … ».

La seconde femme qui admire Mme Tastu, si étonnant que cela puisse paraître, car sa vie, son œuvre sont aux antipodes, est George Sand qui, dans sa lettre du 21 février 1841, lui dit : « Dans vingt ans, Madame, nous y serons encore, et je ferai encore de la mauvaise prose, et vous ferez encore de beaux vers. Je vous attends là. ». Dans cette lettre,  George Sand répondait à Amable, au sujet du progrès dont celle-ci ne supportait pas les excès, que celui-ci était nécessaire et bénéfique à la société, quoiqu’on en pense.

Elle termine sa lettre en insistant sur la force pérenne de Mme Tastu : « Moi, je ne vous en admire pas moins, malgré vos résistances. Vous connaissez votre force, et vous ne l’employez qu’à bon escient. Sans les forces tranquilles, rien ne se solidifierait dans l’univers. A vous de cœur et pour toujours ». George Sand

D’autres lettres de George Sand disent sa sympathie et son admiration pour Amable Tastu.

Ces témoignages sont une belle récompense pour celle qui fut d’une grande bonté envers les jeunes femmes qui s’adressaient à elles pour solliciter une aide littéraire quelconque. Elle les accueillit toutes, sans exception, acceptant d’aider toutes ces jeunes femmes y compris celles qui avaient « un maigre talent » comme Elisa Mercoeur, par exemple. Elle n’éprouvait aucune jalousie, pas même la crainte de les voir devenir ses rivales.