Le rayonnement intellectuel de la France de 1830 par Sainte Beuve

"1830 aura été une des grandes dates du XIXe siècle, peut-être la plus grande. Mettons de côté la politique. Ainsi nous ne parlerons pas de la révolution des Trois Jours, laquelle a été pourtant le signal de la liberté reconquise.

Quel merveilleux rayonnement intellectuel nos pères ont vu se révéler à cette époque ! Dès ce jour, notre France allait voir apparaître MM. Thiers, Mignet, de Barante, Michelet, Vitet, des Tite-Live et des Tacite. A la même heure, en Sorbonne, Victor Cousin, Guizot et Villemain, tous trois écoutés avec empressement, nourrissaient la jeunesse du froment de leur parole. 

Tout le long de la ville, des poètes, aimés du peuple, essaimaient par groupes. C’étaient, parmi les hommes, ceux d’hier, comme Béranger et Casimir Delavigne ; puis, ceux du jour, plus jeunes, tels que Lamartine, Alfred de Vigny, Victor Hugo et Alfred de Musset.

 C'étaient parmi les femmes, Élisa Mercoeur, MmeDesbordes-Valmore, Amable Tastu et Delphine Gay (Mme Emile de Girardin).

En ne comptant que ceux et celles que je viens de nommer, imaginez quel superbe concert de lyres cela devait former.

(Parmi les musiciens, les peintres, graveurs, caricaturistes ...) ... Rossini, Auber, Bellini, Meyerbeer...(...) Ingres, ...Horace Vernet, ...Ary Scheffer, ...Paul Delaroche, Eugène Delacroix, Ruysdaël, et Saint-Jean ...les frères Alfred et Tony Johannot, Gharlet, Charles Philipon, J-J. Grandville, Honoré Daumier, et Gavarni (...)”

                         Source : https://archive.org/stream/lelivredordesai00saingoog/lelivredordesai00saingoog_djvu.txt

 LE LIVRE D'OR DE SAINTE-BEUVE PUBLIE A L'OCCASION DU CENTENAIRE DE SA NAISSANCE (1804-1904)