La famille Bouchotte, dont Amable Tastu est descendante du côté de sa mère, est une famille bourgeoise où l'aisance, la rigueur et la culture se mêlent pour fonder de solides principes  d'éducation. Certains de ses membres ont marqué, non seulement l'histoire de Metz, mais également celle de la France.

Le grand-père d'Amable, Jean-Didier Bouchotte, conseiller du roi et payeur des gages du Parlement de Metz,  appartenait au milieu de la grande finance. Parmi les nombreux enfants et petits-enfants nés de son union avec Marie-Lucie Georgy, certains eurent une vie bien remplie et une carrière exceptionnelle.

Le colonel Jean-Baptiste-Noël Bouchotte, né en 1754, fils de Jean-Didier Bouchotte, fut  ministre de la Guerre en 1793 et  le seul à cette époque orageuse à avoir mis de l'ordre dans l'administration. En quittant le Ministère, il se retira à Metz ; en 1796, il fut nommé officier municipal. Retiré de la politique, il vécut loin des affaires, entouré de l'estime de ses concitoyens et mourut en sa maison de campagne à Ban-Saint-Martin en 1840. Le Musée de Metz possède le buste en marbre sculpté par Charles Pêtre de M. Bouchotte qui a été offert à la ville en 1866 par la famille.

Jean-Baptiste-Charles, né en 1770, frère de Jean-Baptiste-Noël, conduisit une carrière d'officier à la tête des armées révolutionnaires puis impériales. En 1815, il prit sa retrraite de colonel d'artillerie et se fixa à Metz. Il y mena une retraite de notable estimé de ses concitoyens et s'engagea dans la politique. Il fut successivement conseiller général de la Moselle, député et conseiller municipal de Metz. Promu membre titulaire de l'Académie de Metz en 1825, il se plut à présenter à ses confrères ses dernières découvertes en agronomie et à leur faire partager sa nouvelle passion. Il s'efforça de diffuser des observations destinées à améliorer la culture de la vigne. Il se lança également dans la greffe de châtaigniers nains d'Amérique sur des châtaigniers communs en vue d'obtenir des châtaignes comestibles de qualité.  On lui doit également l'invention d'un outil appelé coupe-sève qui a l'avantage de hâter la maturation des fruits.                                                                                                                                                                                                                Par acte du 2 novembre 1829, il décida de léguer à l'Académie de Metz les sommes que devait lui verser l'Etat au titre de la Légion d'honneur. En contrepartie, cette dernière devait distribuer des prix d'encouragement à l'agriculture, à l'industrie et à l'enseignement primaire.

Il mourut en 1852. Sa fille, Charlotte-Françoise Bouchotte (1814-1891) demeurée célibataire,  décida de léguer à l'Académie la somme de 8000 marks pour financer un prix de vertu. 

 Quant à Emile-Jean-Didier né en 1796, il  était fils  de Jean-Baptiste-Simon Bouchotte né en 1753, lui-même frère de Jean-Baptitste-Noël, de Jean-Baptiste-Charles et de Jeanne-Amable, mère d'AmableTastu. Il était cousin d'Amable Tastu née un an avant lui, en 1795. C'est lui qui fut maire de Metz en 1830-1831.

Servir son pays : tel était le but de la famille Bouchotte et de ses descendants. Eugène, fils d'Amable Tastu, nommé diplomate, marcha sur les pas de ses aïeux.

Mais il convient de ne pas oublier la place tenue par les femmes à  une époque où  la société ne leur attribue qu'un rôle d'épouse et de mère. L'on ne peut qu'admirer les qualités de Jeanne-Amable Bouchotte, mère d'Amable Tastu qui sut transmettre à sa fille de solides principes d'éducation adoucis par une instruction et une culture laissant une large place aux arts et aux mystères de la lecture. C'est tout cela qui fit naître chez Amable Tastu les qualités que nous lui connaissons.

Quelle illustre famille que la famille Bouchotte !