Le premier recueil de Madame Tastu, "Poésies",  paru en octobre 1826,  fut reçu avec l'enthousiasme que l'on sait. La poétesse  est une femme admirée et respectée dont les amis se pressent, soit pour recueillir son avis, soit pour encourager ses productions littéraires, comme le firent notamment Lemercier et Sainte Beuve. Les salons et les cénacles se la disputent .

Mme Tastu fit d'abord partie du cénacle de la Muse française, revue littéraire fondée en 1823 par Deschamps  et animée par Hugo et ses amis, conservateurs ou romantiques. On  peut dire qu'elle appartint à ce cénacle bien avant son premier grand succès des "Oiseaux du Sacre", ce  qui veut dire qu'elle prit une part active à l'élaboration de la doctrine romantique. Elle fit la connaissance de Hugo et Vigny qui vinrent agrandir le champ de ses amis puisque,  grâce à Mme Dufrénoy, elle connaissait déjà Mme de Genlis, le Vicomte de Parny,  de Ségur, de Tissot  qui furent les premiers à encourager son talent.

 Elle se liera également d'amitié avec Marcelline Desbordes-Valmore qu'elle admire beaucoup et qui le lui rend bien.

Cependant, les amis de la Muse durent se séparer pour ne pas gêner l'élection de Soumet à l'Académie française, Académie dont les attaques contre les publications de la Muse sont de plus en plus violentes. La Muse cessa donc de paraître en juin 1824.

 Mais grâce à Charles Nodier, alors conservateur à la Bibliothèque de l'Arsenal, le groupe qui soutenait la Muse ne se dissoudra pas.  Les jeunes romantiques  continueront de se réunir le dimanche dans un vaste appartement. Deux groupes de romantiques, le premier, formé de jeunes royalistes et chrétiens réuni autour de Hugo,  le second, constitué de romantiques libéraux regroupé autour de Stendhal, Rémusat, Mérimée... après bien des dissenssions se réunirent autour de Hugo  pour constituer une véritable école romantique qui prendra le nom de Cénacle.

Madame Tastu et son époux appartinrent à cette nouvelle école réunissant tous les courants du romantisme, qu'il soit militant comme chez Hugo ou qu'il soit plus intime comme chez Saint Beuve.

 Mme Tastu  aimait à réunir ses amis pour découvrir leurs oeuvres ou pour deviser sur les sujets à la mode. C'est ainsi que Victor Hugo vint lire une partie de son drame intitulé "Cromwell " chez  la poétesse. Après cette lecture partielle,  Victor Hugo invita Saint Beuve à venir chez les Foucher, rue du Cherche Midi, pour écouter,  le 12 mars 1827, le drame en entier. Il invita également M. et Mme Tastu en précisant que son beau-père serait charmé d'avoir l'honneur de les recevoir.