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 L'article intégral signé par Marie Daffini est paru dans le n° 35 de décembre 2015 – janvier 2016, de La  nouvelle revue lorraine 

Amable Tastu, l'admirable messine, l'admirable française comme la qualifia André Bellard dans son discours à l'Académie de Metz en 1955,  garda sa vie durant un attachement profond pour Metz, ville qui l'a vu naître.

En 1870, Amable vit à Paris avec son fils Eugène. Elle suit de près l'évolution des combats, surtout que le théâtre des opérations se situe dans l'est de la France, la Lorraine et sa chère ville de Metz étant aux avant-postes. Et Amable a de quoi trembler quand on  sait que le 18 août 1870, un mois après la déclaration  de la guerre, l'armée française, pompeusement baptisée "armée du Rhin" se laisse enfermer dans Metz avec son chef, Bazaine, par l'armée prusienne. Les combats qui furent aussi rudes que longs aboutirent à la capitulation de Bazaine le 27 octobre 1870, livrant à l'assiègeant une armée de      173 000 hommes. Amable ne s'en remettra jamais, ne supportant pas de savoir sa ville captive.

 Elle ressent comme un coup qui  lui va droit au coeur, l'humiliation imposée à Metz puis à toute la Lorraine puisque le 10 mai 1871, le Traité de Francfort enterinne la cession de la ville et de la région à l'empire allemand.

Dans "Voyage en France", elle raconte l'annexion de Metz par un saisisant résumé :

"Avant 1870, Metz n'avait jamais été prise, n'avait jamais ouvert ses portes à l'ennemi. Lorsque, après les désastres de 1814, les troupes alliées évacuant la France se présentèrent à Metz pour traverser la place, le passage leur fut refusé et elles durent sortir de la ville et jeter un pont sur la Moselle. Cette vieille gloire a été ternie récemment, lorsque le Maréchal Bazaine, rejeté sous les murs de Metz après la bataille de Saint Privat (18 août) capitula le 27 octobre 1870. Le Traité de 1871 a cédé Metz à l'Empire d'Allemagne".